Les symptômes de le crise démocratique restent préoccupants, nos remèdes auront été d’une efficacité insuffisante, mais nous comptons parmi les grandes fiertés d’Open Source Politics le fait d’avoir accompagné la formation d’un nouveau docteur ! Le 18 septembre, j’ai eu le plaisir d’assister à la soutenance de thèse d’Antoine Gaboriau Ripoche (#PhD), désormais docteur en sciences politiques de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales.

Huit ans ont passé depuis le début du contrat CIFRE en décembre 2018 ; c’est dire l’abnégation qu’il faut pour aller au bout d’une thèse. Antoine fut le premier salarié d’OSP en dehors des fondateurs. Il avait préalablement mené des recherches de master sur Florence à la Renaissance, puis le Mouvement 5 Étoiles qui bousculait alors la vie politique italienne. Par le biais de l’étude des nouvelles pratiques démocratiques promues par les Cinque Stelle, il avait été attiré par les civic tech et nous avait présenté son projet de recherche.

Si le logiciel Decidim était son point d’entrée pour sélectionner les villes de Barcelone, Genève et Toulouse, Antoine a finalement fait de l’outil numérique le dénominateur commun entre ses trois terrains d’observation. Son but final était plutôt d’étudier les variations entre les trois administrations, dont les cultures et couleurs politiques sont bien distinctes. De la centaine d’entretiens approfondis qu’il a pu mener et de son analyse comparée, il a retiré une véritable thèse, au sens d’une prise de position tranchée qui est rarement aussi explicite dans la profession et qui a été saluée par son jury académique.

Reprise avec mes mots : ce que l’on a englobé avec conviction sous le vocable de « participation » citoyenne correspond en réalité à des exercices de simple consultation, qui tendent à individualiser et dépolitiser les conflits sociaux au profit du pouvoir de contrôle des gouvernements municipaux et de leurs administrations. Mettre le doigt sur ces limites, y compris à Barcelone et Genève dont les démarches sont souvent prises en exemple à travers le monde, ne signifie ni prêter de mauvaises intentions à tous les praticiens ni renier l’importance d’ouvrir des espaces de consultation numérique. C’est en revanche un effort de lucidité nécessaire pour ne pas nous en satisfaire.