Mon billet d’accès à l’entrepreneuriat numérique a été obtenu en montant dans Le Wagon en janvier 2015. Le bootcamp de référence pour apprendre à coder en neuf semaines accueillait alors sa sixième cohorte de passagers. Il semble s’être, lui aussi, essoufflé après une décennie de trajets sur tous les continents avec des milliers d’apprentis : j’ai appris le mois dernier avec une pointe de nostalgie le placement en redressement judiciaire de la holding du Wagon.

Le hasard m’a placé il y a quinze jours à la table d’une ancienne salariée du Wagon, lors d’une fête chez des amis au cœur de la Bretagne. Elle a passé sept ans aux côtés des fondateurs Boris, Romain et Sébastien, à qui je veux rendre hommage tant ils étaient de très inspirants professeurs pour transmettre les rudiments de codes informatiques et entrepreneuriaux. Elle m’a raconté comment ils ont été progressivement écartés de la gestion de leur entreprise suite à la levée de fonds réalisée en 2020, à quelques semaines du confinement, et comment une succession de mauvaises décisions ont conduit Le Wagon dans l’impasse actuelle. 

Retracer l’histoire du Wagon et d’OSP, comme celle de OuiShare ou de Volumes qui se trouvaient sur mon chemin la même année, c’est revivre les basculements du monde que tous ces projets ont parfois anticipés, souvent cherché à accompagner ou compenser, mais qui aujourd’hui semblent datés d’une époque révolue. Nous discutions déjà en 2015 du jour où le code ne serait plus écrit par des humains. La généralisation des IA a forcément eu un impact significatif sur le modèle économique d’une formation aux bases du code… Un chapitre s’achève pour une génération, et c’est sans doute tant mieux. J’ai beaucoup de reconnaissance pour les expériences acquises, et la formation du Wagon a été la locomotive qui m’a propulsé vers toutes ces rencontres. Il faut maintenant prendre un peu de recul pour comprendre tout ce qui a changé. Puis inventer le prochain cycle. 

Le logo du Wagon en 2015.