Il y a six ans mois pour mois, j’étais directeur de campagne de Jacques Salvator, le maire sortant d’Aubervilliers. Cette expérience diablement intense a profondément marqué mon parcours, jusqu’aux développements récents avec Open Source Politics.

Aujourd’hui, je m’amuse à retrouver plus d’une dizaine d’amis et connaissances de cette glorieuse époque militante dans de belles positions sur diverses listes, à Paris et ailleurs, de la gauche radicale au centre-droit selon les évolutions de chacun-e, parfois même en situation de rivalité alors que nous étions ensemble lors des échéances précédentes. Quelles que soient leurs trajectoires – et parfois nos divergences – je conserve beaucoup de respect pour leurs engagements respectifs, tant je sais ce qu’il en coûte sur le plan personnel d’être élu-e local-e.

Pour ma part, j’ai compris peu de temps après les municipales de 2014 que ce ne serait pas ma v(o)ie. D’abord parce que je ne souhaitais pas faire ces sacrifices qui ne manqueront pas de perturber l’existence fictive de Sophie. Ensuite parce que je doute de l’échelle où il est le plus utile de s’investir : je suis né à Paris et attaché à la capitale, mais je constate que les nouvelles solutions s’inventent et sont plus indispensables sur les territoires plus petits, plus excentrés et surtout moins privilégiés. Ecrite au rythme des 3 points, la campagne des ‘Ti-bourgeons est une manière de réfléchir par le récit aux nouvelles alternatives qui émergent un peu partout en France.

Les outils existent : après avoir rendue possible la démarche d’Ada Colau à Barcelone, les plateformes numériques gérées par OSP ont accompagné onze listes candidates partout en France. Certaines essayent de changer (un peu) les règles du jeu grâce aux fonctionnalités de Decidim : je pense notamment au tirage au sort inédit de 48 colistiers de Cédric Villani à Paris, et aux listes « municipalistes » de la fabrique citoyenne Réveillons Annecy, de l’équipe pionnière de Grenoble en commun, du large rassemblement réussi par le Printemps marseillais ou encore du mouvement #NousSommes à Montpellier. La prochaine étape : déployer ces nouveaux imaginaires.